“Int. & Ext. Photographies”

Rendez-vous à l’Espace Beaurepaire, près de République. Pour le vernissage de l’exposition, la chaleur remplit vite l’espace. Noyée de monde, la salle est organisée en deux espaces : une première salle, un couloir intime, une seconde pièce plus vaste. Sur les murs, les photographies, en petits et grands formats, encadrés ou imprimés sur une fine plaque d’aluminium.

Frédérique Riba Sarat, Arnold Gendron, Esther Martínez Rey, Jérôme Lorieau, Estelle Fridlender, Denise Panieri, Thomas Dewynter, Marc Santerre, Aurèle Hardouin, Rémy Simeon, Charlotte Gillard, Jérémie Buchholtz, Alexis Lagarde, Karim el Khadiri et Paul Hulewicz exposent sur le thème "l’intérieur et l’extérieur".

Quinze photographes exposent. Parmi eux :

Karim El Khadiri impressionne avec ses photos en grand format couleur. Très belles, imprimées sur aluminium, elles occupent un pan entier de la pièce : sur la droite, "L’Arbre" attire tout de suite le regard ; la vue est particulièrement colorée et chaude ; un parfum d’exotisme puissant s’en dégage ; un arbre aux proportions monumentales laisse apparaître le paysage lointain, une vallée baignée de soleil et de particules de chaleur. Rafraîchissante, la photo du "Surfeur". L’homme planté à mi-cuisses dans l’eau attend la vague énorme qui est devant lui ; la prise de vue, en noir et blanc, offre une contre-plongée sur le rivage et le rouleau plein d’écume qui se précipite vers les baigneurs. La plage est animée, la force de la nature en mouvement, les fétus d’hommes s’amusent. En noir et blanc, "La tour Eiffel", structure métallique élancée, corps qui se cambre : au niveau du dernier étage, les ailes d’un pigeon en plein envol se greffent à la tour et lui donnent une allure de danseuse. "La Femme et le linge" montre une scène de la vie quotidienne, au coin d’une bâtisse dans un passage étroit où plonge le soleil, qui réchauffe les murs couleur terre de sienne. Autre personnage, "Le Footballeur" vu de dos, qui tient à la main une bouteille et s’éloigne, tandis qu’au coin de la maison repose un énorme panier d’osier qui transforme en miniatures l’adolescent et l’objet qu’il possède. Enfin, isolement et mouvement chez "L’Âne et le vieil homme" vus de dos sur un chemin incertain, caillouteux, désertique.

Jérémie Buchholtz choisi d’exposer des scènes du Sahara, où règne la plénitude du désert : au lointain, une voiture minuscule posée au pied d’un monumental pic rocheux, dans un vaste espace désertique terminé par la mer d’un bleu profond et essaimée d’écume ; une Mercedes vieux modèle ensablée et poussée par les hommes en djellaba semble rouler normalement, tandis qu’une femme observe la scène ; sur un large terrain en terre, un grand nombre de footballeurs jouent et l’un d’eux, vêtu de jaune, se détache du sol, suspendu dans les airs, les bras tendus vers le ballon ; sous une enseigne "Téléphone public", quatre hommes rêvassent.

Aurelle Hardouin montre la chaleur qui règne dans le Cirque d’Hiver (Paris 11e). Chaleureux, gai, l’effet de flou réussi aux couleurs chaudes, à féerie des lieux, aux lumières vives, aux rouges et bleus éclatants. La complicité des personnages donne un parfum d’intimité aux scènes.

Jérôme Lorieau immortalise Paris et travaille sur les réflexions : en noir et blanc, un parc sous la neige fraîche, un passant courbé sous son parapluie, une scène de café parisien, les quais de Seine.

Estelle Fridlender donne une vision personnelle du bord de mer : en noir et blanc, dans un cadre ensoleillé, sur le rivage, par temps calme : d’abord un ponton en bois, désert, doublé plus loin par une avancée de terre où se tient un personnage tourné vers les vaguelettes, avec en fond une, puis deux, puis trois collines qui se suivent et se couchent dans la mer. Autre vue, autre cadre, plongeante cette fois, visiblement sur le même ponton de planches qui donne une sensation de vertige avec un léger flou accentué par le rond noir extérieur qui casse les coins de la photo. Enfin, amusement et complicité d’un âne qui pose au premier plan, d’un homme derrière l’animal riant et de la crique tranquille et ensoleillée. Autre série d’Estelle Fridlender, cette fois en couleur, sur des scènes de vie intérieure en plan rapproché : chaleur des personnages, ambiances chaudes, sourires, géraniums rouges, intimité des visages en gros plan, regards qui invitent à partager.

Je vous laisse découvrir les autres photographes, notamment Marc Santerre et ses photos magiques. Leurs oeuvres posent la question : "quelle est la relation entre le photographe et le sujet, ou entre le sujet et le spectateur ?". Venez explorer le domaine de l’intime, du personnel ou de son contraire, du distant et du détaché.

Organisée par Paris Photographique, l’exposition "INT. & EXT. Photographies" se tient du 25 janvier au 5 février 2006, de 12h à 20h tous les jours.
Les 28 janvier et 4 février, de 14h à 20h, rencontre en présence des photographes.
Espace Beaurepaire (28, rue Beaurepaire – Paris 10e – Métros Jacques Bonsergent ou République). Téléphone : 01 42 45 59 64 – Entrée gratuite.

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